mardi 2 mai 2017

Mémoire intime





 
 
A portée de regard, extrait de la série Venise
© Didier Frouin-Guillery, 2015-2017
 



Il y a parfois des moments qui sont si forts que j’ai peur de les tuer en faisant une photo. C’est alors que je doute, je me dis que je suis peut-être tout seul à m’inventer des histoires et je ne suis pas sûr de pouvoir communiquer toutes mes asssociations : il faut alors que je sois très prudent, que je garde une certaine distance. Quand l’image sera tirée sur le papier, est-ce que cette magie que j’ai ressentie sera encore vivante, palpable ? Je sais que parfois il reste très peu de chose, alors je garde la photo pour moi, comme une mémoire intime qui ne regarde pas les autres.

Willy Ronis, Ce jour-là, à Port-Saint-Louis-du-Rhône, collection Traits et portraits, éditions Mercure de France, 2006, et Folio-Gallimard, 2008




 
 
De mon ami Sébastien Jantzen,
une photo prise à l'autre bout du monde, et offerte ici 
pour dialoguer avec les histoires de mon blog...
© SJ, 2016