samedi 20 janvier 2018

Blanch'heures






Blanch'heures, triptyque photo,
© Didier Frouin-Guillery, 2011-2017




A mon avis, vous ne pouvez pas dire que vous avez vu quelque chose à fond si vous n'en avez pas pris une photographie. (Emile Zola)






lundi 15 janvier 2018

Fenêtres sur cour






Fenêtres sur cour, triptyque photo,
© Didier Frouin-Guillery, 2018
 

 

Une image vaut-elle mille mots ?
 
 
 
 
 

mercredi 10 janvier 2018

Dépositions






Dépositions, triptyque photo,
© Didier Frouin-Guillery, 2011-2017
 


La pose n’impose plus la pause…





Détail d’une photo de Louis Daguerre,
Boulevard du Temple, 1837
 

Louis Daguerre a fait correspondre la pause du passant arrêté devant un cireur de chaussures avec la pause du temps nécessaire à l’impression de la lumière sur sa plaque photographique.
 
 
 
 
 

vendredi 5 janvier 2018

Mettre les voiles






Mettre les voiles, diptyque photo,
extrait de la série DiAgonales
© Didier Frouin-Guillery - Adrien Frouin, 2018
 


Toutes voiles dehors…





lundi 1 janvier 2018

Doubles voeux






And, triptyque photo, 
© Didier Frouin-Guillery, 2018
 


Et j'œux d'enfance…



Carte scolaire de vœux, 1962
Ecole publique de Garçons, Champlan
 © DFG, 2018
 





mercredi 27 décembre 2017

L'appeau des choses







L'appeau des choses, diptyque photo,
© Didier Frouin-Guillery, 2017
 


 
 
La peau des choses est tendue vers la lumière jusqu’à l’extrême. Des mots sont prêts à percer sous cette enveloppe. Des appeaux ont brisé le silence, ils scintillent à nos pieds. Que reste-t-il d’obscurité quand on soulève le drap de la mémoire ?






vendredi 22 décembre 2017

Sans quitter sa place






Sans quitter sa place, triptyque photo,
extrait de la série Arles
© Didier Frouin-Guillery, 2017
 



Lever les yeux, se regarder les yeux dans les yeux, baisser les yeux…
 
 
 
 


 

lundi 18 décembre 2017

Acqua alta






Acqua alta, triptyque photo,
extrait de la série Venise
© Didier Frouin-Guillery, juin 2017
 


 
Le flot montant des poissons visés par les goélands, depuis leur perchoir, est celui des touristes piégés en bas dans la nasse géante de la Place Saint-Marc…






Sur une place, à Paris, Bordeaux ou Milan
© DFG, 2017
 




Après les Non-lieux théorisés par l’anthropologue Marc Augé en 1992, Michel Lussault développe la question des hyper-lieux dans son ouvrage Hyper-lieux, Les nouvelles géographies de la mondialisation, éditions du Seuil, Paris, 2017. Venise est un des exemples du phénomène que traite ce géographe, à côté d’autres villes comme Dubaï, New York ou Paris, avec leurs places célèbres, et d'autres lieux, gares, aéroports, lieux culturels et commerciaux... Sans doute ne serait-il pas d’accord avec la métaphore du piège que j'évoque ici…


 
 
 

 

jeudi 14 décembre 2017

Last dream






Rêver, dessin numérique,
série des Nulle part
© Didier Frouin-Guillery, 2007-2017
 


Dernière page de la série des Nulle part… 

Les cinquante quatre images publiées dans ce cadre ont été extraites d’un ensemble d’une centaine de dessins conçu et réalisé à l’origine pour le concours du 1% artistique de la Maison de l’enfance du Pays Glazik, construite à Briec (Finistère) par l’architecte Michel Grignou. Les deux autres artistes sélectionnés pour ce concours ont été Mathilde Kerdilès et Hervé Le Nost. 

Commencée en mars 2017 avec Y a-t-il un juste milieu, où se trouve enfermé un curieux et aventureux personnage, cette histoire de Nulle part, pas toujours enfantine, se termine aujourd’hui par sa mise en sommeil et son échappée belle. 

La déclinaison des légendes de Nulle part est issue de la mise en boîte Nulle part est un émoi (Emoi, octobre 2017). Cette phrase, associée à l’édition d’un multiple, a rebondi un jour par hasard sur un de ces dessins, les autres ont suivi, avec régularité et insistance, sans que je sache ni comment ni pourquoi…





dimanche 10 décembre 2017

Hospitalités






Entrée et sortie, triptyque photo,
extrait de la série Silence !
Hôpitaux de Quimper et de Rennes
© Didier Frouin-Guillery, 2017
 



En descendant sur un brancard les cinq étages de l'hôpital, par un dédale de couloirs, il voit défiler au plafond toutes sortes d’appliques et de grilles. Il se dit qu’il en ferait bien une nouvelle série de photographies…
 
La lumière n’est pas encore tamisée quand il arrive au bloc opératoire. Il s’allonge nu sur un billard étroit, on lui attache les mains et les pieds, au cas où. On lui rajoute des repose-bras, car ce billard est vraiment très étroit, et il apprécie ce confort improvisé. Puis on le couvre d’un drap, et on lui pose sur le corps une étrange plaque noire, lourde et souple, sauf à l’endroit du cœur, des jambes et de l’aine par où passent les tubulures et les sondes, deux à l'aine droite, une par la gauche. Pour rester conscient et coopératif avec le médecin, il n’est pas sous anesthésie, mais sous sédatifs et morphine qui seront injectés autant que nécessaire, à chaque fois qu’il dira que la douleur est trop forte…
 
Il suit toutes les étapes de l’intervention sur un écran géant, il pense à un studio de télévision. Sur les bordures de cet écran, sont incrustés de multiples petits tableaux de colonnes de chiffres, et des ensembles de lignes sinusoïdales qui progressent et dansent comme sur une partition de musique sérielle ou électro-acoustique. L’écran est partagé en deux grandes fenêtres centrales qui lui rappellent la composition de ses diptyques photographiques.
 
Sur la moitié droite de l’écran se déroule en temps réel le film radio de toute l’opération. Sur la moitié gauche, il voit les images de son cœur superbement reconstitué en 3D. La veille, il a passé une échographie transoesophagienne et un scanner pulmonaire dont les images de volume et de coupe servent à cette reconstruction en trois dimensions. La reconstitution participe, au millimètre près et en profondeur, au repérage précis de points visés par l’opération.
 
Il voit alors son cœur dans plusieurs nuances de gris, en volume et en suspension sur un fond noir. Le cœur se tourne et se retourne dans tous les sens. Dans un box vitré au fond de la salle, un opérateur informatique manipule les images demandées et pilotées par le cardiologue ; ils communiquent tous deux par micro.





Plié-déplié, diptyque photo,
extrait de la série Silence !
Hôpital Pontchaillou, Rennes
© Didier Frouin-Guillery, 2017
 


Tout au long du travail, des chapelets de gommettes de couleurs noire, grise, rouge, orange et jaune viennent se greffer sur le volume cardiaque. Il pense à un jeu de go inédit pour lequel un code couleurs tracerait des lignes frontières à la stratégie mystérieuse ; alors qu’il ne s’agit que de marquer l’intensité des fréquences qu’utilise le médecin sur sa machine.
 
A chaque moment décisif, il entend cette énigmatique et triple commande : Stimulation - Gel - Ablation. Et juste après le déclenchement d’un bourdonnement prolongé, il ressent une douleur plus ou moins grande qui monte dans son thorax. Il fait signe comme il peut, avec les pieds, avec le bras, on lui apaise cette douleur avec un peu plus de morphine, il remercie dans un murmure. Cette commande est répétée au micro cent quarante fois. Elle précède tous les tirs pratiqués par le chirurgien pour brûler les points de diffusion des désordres électriques de son cœur.
 
Sur son ordinateur, l’opérateur joue, comme un architecte, de plusieurs projections, perspectives et points de vue sur le cœur. En passant d’un point de vue extérieur à un point de vue intérieur, le regard saute d’une image d’astéroïde désert, c'est-à-dire sans rose ni renard, à la vision d’une grotte curieusement lisse et nue.
Et dans d’étranges et incessants retournements d’images, il n’est pas étonnant de croiser ici les formes molles de Dali, là quelques sculptures de Jean Arp, et même des nanas de Niki de Saint Phalle, quand, au final, l’opérateur synthétise les étapes du travail du médecin en ajoutant des couleurs pop art sur une série de cœurs rangée en damier sur l'écran.
 
A la fin, à tendre le cou vers ces images pendant les six heures d’opération, il a un torticolis, mais il n’a pas vraiment vu le temps passer.
Avant de remonter dans sa chambre, il dit au chirurgien, en lui racontant ses visions, qu’elles n'ont pas pour cause la morphine, mais bien le trop-plein de sa mémoire artistique !